Modèle procuration générale québec

14La figure 2 montre la distribution annuelle des contrats de procuration. Notez que le nombre de procurations a chuté en 1759, l`année de la ville de Québec, seulement pour augmenter de nouveau en 1763 lorsque le traité de Paris a cédé officiellement la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne. Plusieurs des accords enregistrés en 1763, 1764 ou 1765 ont été directement liés à un retour en France après la conquête, et témoignent du rôle joué par les femmes de l`élite coloniale, qui sont restées en retard à Québec et ont souvent été mandatées pour liquider le produits de la famille. 27 BAnQ, notaire Florent de LaCetière, procuration conférée par René Rainville, de la ville de Québec, à Elisabeth de Lagaripierre, sa mère (16 septembre 1716). 1Nous sommes à Québec, dans l`après-midi du 17 octobre 1727, au Bureau du notaire Pinguet de Vaucour. Un homme initie consciencieusement un document, une jeune femme à ses côtés. Les époux sont Denis Constantin et Élisabeth Hevé, mariés cinq jours auparavant. Au moyen de cet acte officiel, la jeune épouse vient de recevoir le plein droit de représenter son mari, un capitaine de mer long-courriers par le commerce, qui se prépare à naviguer avant que la glace ne bloque le fleuve Saint-Laurent. Cet accord de procuration permet à Constantin de conférer à sa jeune femme, âgée de vingt ans ce jour-là, «tout pouvoir d`agir pour lui et en son nom» afin de «gérer en général toutes les affaires qui lui appartiennent», démontrant ainsi une confiance apparemment absolue en elle. Comme son mandataire (procuratrice), Elisabeth Hevé aura donc la latitude d`agir dans tous les domaines au nom de son principal (mandant), en dépit de son statut de femme mariée. 1 42 de la 43 Français femmes proxys, 20 vivaient encore en France mais ont été nommées dans un accord de procuration promulguée à Québec. Seulement 23 de ces femmes Français vivaient réellement à Québec, à peine 10% du groupe.

Voir supra, note 30. 11Nous avons identifié et indexé 265 contrats de procuration notariés dans la ville de Québec entre 1700 et 1765 pour lesquels le représentant autorisé était une femme. À première vue, cela peut sembler être un corpus modeste pour une si longue période, même à l`échelle d`une population numérotant à peine plusieurs milliers d`habitants. Il s`agit, cependant, d`une collection très enviable par rapport au petit nombre trouvé par Josette brun. 20 il est légitime de se demander quelle proportion de contrats ont été accordées aux femmes, par rapport au nombre total de procurations enregistrées dans la ville de Québec au cours de la période.